Vol annulé à la dernière minute ? Cinq heures d’attente sur un banc d’aéroport sans la moindre explication ?
Ces situations frustrantes arrivent bien plus souvent qu’on ne le pense.
Pourtant, saviez-vous que 80 % des passagers ne réclament jamais leur indemnisation, simplement par peur de la complexité administrative ou par méconnaissance de leurs droits ?
Pas de souci, on vous explique comment obtenir ce qui vous revient de droit, étape par étape.
Les 3 montants clés à retenir :
- 250 € pour les vols de moins de 1 500 km
- 400 € pour les vols intracommunautaires de plus de 1 500 km et les autres vols entre 1 500 et 3 500 km
- 600 € pour les vols de plus de 3 500 km
1. Suis-je éligible ? Le périmètre du Règlement (CE) n° 261/2004

Avant de réclamer quoi que ce soit, il faut d’abord comprendre si votre vol entre dans le champ d’application du règlement européen. Cette étape est cruciale pour éviter de perdre du temps dans des démarches vouées à l’échec.
Les vols au départ ou à l’arrivée de l’Union Européenne
Le règlement s’applique automatiquement à tous les vols au départ d’un aéroport situé dans l’UE, quelle que soit la compagnie aérienne.
Cependant, pour les vols arrivant dans l’UE depuis un pays tiers, la compagnie doit obligatoirement être européenne.
Par exemple, un vol New York-Paris avec Air France vous couvre, mais pas un vol avec American Airlines sur le même trajet.
Le cas particulier des compagnies hors-UE
Attention aux zones grises : si vous voyagez avec Emirates depuis Dubaï vers Paris, vous êtes protégé à l’arrivée.
En revanche, pour un vol Paris-Dubaï retardé, Emirates devra vous indemniser puisque le départ a lieu dans l’UE. Cette nuance fait toute la différence dans vos réclamations.
| Situation | Éligible |
|---|---|
| Vol Paris-Rome avec Air France | ✅ Oui |
| Vol New York-Paris avec Delta | ❌ Non |
| Vol Londres-Dubaï avec British Airways | ✅ Oui |
2. Vol retardé : À partir de quand pouvez-vous réclamer ?
Les retards font partie des désagréments les plus fréquents en avion. Justement, le règlement européen a prévu des compensations précises en fonction de la durée du retard et de la distance parcourue.
Le seuil critique des 3 heures à l’arrivée
C’est le moment où tout bascule : un retard de 3 heures ou plus à votre destination finale vous ouvre le droit à une indemnisation forfaitaire.
On compte ce délai non pas au départ, mais bien à l’arrivée, ce qui change considérablement la donne.
Effectivement, un vol peut partir avec 30 minutes de retard mais rattraper ce temps en vol et arriver avec seulement 2h45 de retard, ce qui ne vous permettra pas d’obtenir d’indemnisation.
Le droit à l’assistance dès 2 heures de retard
Bien avant les 3 heures fatidiques, vous avez droit à une assistance immédiate.
Dès 2 heures d’attente pour les vols courts, la compagnie doit vous fournir des rafraîchissements, des repas et même un hébergement si le départ est reporté au lendemain.
Ces prestations sont distinctes de l’indemnisation financière et s’appliquent même en cas de circonstances extraordinaires.
Calculer votre indemnité selon la distance
Le montant varie selon trois paliers kilométriques : 250 € jusqu’à 1 500 km, 400 € entre 1 500 et 3 500 km, et 600 € au-delà.
Par ailleurs, si vous acceptez un réacheminement et arrivez avec moins de 2, 3 ou 4 heures de retard selon la distance, l’indemnité peut être réduite de 50 %.
3. Vol annulé : Remboursement ou réacheminement ?
L’annulation d’un vol constitue sans doute la situation la plus perturbante pour les passagers.
Dans ce contexte, plusieurs options s’offrent à vous, et il est essentiel de connaître vos droits pour faire le bon choix.
Les conditions pour obtenir l’indemnisation forfaitaire
Vous pouvez prétendre à une compensation financière si la compagnie vous a prévenu moins de 14 jours avant le départ.
Certes, si on vous propose un vol alternatif avec des horaires similaires et que vous l’acceptez, la compagnie peut échapper à l’indemnisation. D’où l’importance de bien examiner les alternatives proposées avant d’accepter.
Le délai de prévention crucial
Plus la compagnie vous prévient tard, plus vos droits sont importants. Une annulation notifiée entre 7 et 14 jours avant le départ vous donne droit à une indemnisation, sauf si le vol de remplacement ne vous fait perdre que peu de temps.
En dessous de 7 jours, l’indemnisation devient quasi systématique. Si vous avez rencontré des problèmes avec une correspondance manquée en 2025, sachez que les mêmes principes d’indemnisation s’appliquent, car le règlement européen considère l’ensemble de votre trajet comme un seul vol s’il a été réservé sous le même numéro de réservation.
Pourquoi refuser systématiquement un avoir ?
Les compagnies adorent proposer des avoirs plutôt que des remboursements en argent. Assurément, c’est un piège : l’avoir vous enferme chez la même compagnie, a souvent une date d’expiration et ne remplace pas votre droit à un remboursement cash. Vous pouvez toujours exiger un remboursement en espèces sous 7 jours, c’est la loi.
4. Refus d’embarquement et Surbooking : Vos droits immédiats
Le surbooking, cette pratique légale mais controversée, peut transformer votre départ en cauchemar.
Heureusement, le règlement européen vous protège avec des compensations immédiates et substantielles.
Vos droits si vous ne vous portez pas volontaire
Si la compagnie vous refuse l’embarquement contre votre gré, vous avez droit aux mêmes indemnisations que pour une annulation, plus le choix entre le remboursement intégral de votre billet ou un réacheminement vers votre destination.
En effet, ces droits s’ajoutent à l’assistance obligatoire. Ne laissez jamais une compagnie vous convaincre d’accepter un simple coupon de réduction en compensation.
Surclassement ou déclassement : quelles compensations ?
Un surclassement ne donne lieu à aucun supplément de votre part, c’est un bonus. En revanche, un déclassement vous ouvre droit à un remboursement de 30 % du prix du billet pour les vols de moins de 1 500 km, 50 % entre 1 500 et 3 500 km, et 75 % au-delà. Cette compensation est automatique et s’ajoute à toute autre indemnisation éventuelle.
5. Bagages perdus, retardés ou détériorés : La Convention de Montréal
Les problèmes de bagages relèvent d’un autre cadre juridique que les perturbations de vol. D’autre part, les délais de réclamation sont beaucoup plus stricts et méritent une attention particulière.
Les délais stricts pour agir
Vous disposez de 7 jours seulement pour signaler un bagage endommagé et de 21 jours pour un bagage retardé.
Ces délais courent à compter de la réception du bagage. Pour un bagage perdu, vous avez plus de temps, mais ne tardez jamais à faire votre déclaration PIR (Property Irregularity Report) dès votre arrivée à l’aéroport.
Comment évaluer le montant de votre préjudice ?
La limite maximale d’indemnisation est d’environ 1 385 euros par passager selon la Convention de Montréal. Cependant, il faut prouver le contenu et la valeur de vos bagages.
Conservez systématiquement vos factures d’achat d’urgence (vêtements, trousse de toilette) et documentez le contenu de votre valise avant chaque voyage. Une liste détaillée avec photos peut faire la différence lors de votre réclamation.
6. « Circonstances extraordinaires » : Le bouclier des compagnies aériennes

Cette notion est au cœur de nombreux litiges entre passagers et compagnies.
Effectivement, invoquer des circonstances extraordinaires permet aux transporteurs d’échapper à l’obligation d’indemnisation, mais cette excuse n’est pas toujours valable.
Les vraies excuses acceptées par la loi
La météo extrême, les grèves du contrôle aérien, les menaces terroristes ou les restrictions sanitaires gouvernementales constituent des circonstances extraordinaires légitimes.
Dans ces cas, la compagnie doit toujours vous assister, mais n’a pas à verser d’indemnisation financière. Bien entendu, elle doit prouver que ces circonstances ont directement causé la perturbation.
Les fausses excuses à contester
En revanche, les problèmes techniques récurrents, les grèves du personnel de la compagnie ou un mauvais planning ne sont pas considérés comme des circonstances extraordinaires.
Les tribunaux européens ont multiplié les jurisprudences en faveur des passagers sur ce point.
Par exemple, un défaut de maintenance qui aurait pu être anticipé n’exonère jamais la compagnie de ses obligations d’indemnisation.
7. Guide pratique : Comment déposer un dossier de réclamation efficace ?
Passer de la théorie à la pratique peut sembler intimidant, mais avec une méthode rigoureuse, vos chances de succès augmentent considérablement. Voici la marche à suivre pour maximiser vos résultats.
Étape 1 : Collecter les preuves
Photographiez les panneaux d’affichage indiquant le retard ou l’annulation, conservez votre carte d’embarquement, demandez une attestation écrite de la compagnie expliquant la raison de la perturbation.
Ensuite, notez les heures exactes de départ et d’arrivée prévues et réelles. Plus votre dossier est documenté, moins la compagnie pourra contester votre réclamation.
Étape 2 : Le courrier de mise en demeure
Rédigez une lettre recommandée avec accusé de réception mentionnant votre numéro de vol, la date, la nature de la perturbation et le montant réclamé. Joignez toutes vos preuves.
Donnez à la compagnie un délai raisonnable de réponse (généralement 30 jours). Si elle ne répond pas ou refuse sans justification valable, vous pourrez passer aux étapes suivantes.
Étape 3 : Médiateur ou agence spécialisée ?
Le Médiateur du Tourisme et du Voyage est gratuit et indépendant, mais le processus peut prendre plusieurs mois.
Les agences spécialisées dans le recouvrement des indemnisations (comme AirHelp ou Flightright) prennent une commission (généralement 25 à 35 %) mais s’occupent de tout. À vous de choisir selon votre patience et votre aisance avec les démarches administratives.
Conclusion : Ne laissez plus votre argent aux compagnies
Récupérer votre indemnisation demande de la persévérance, mais c’est un droit légitime qui ne devrait jamais rester lettre morte.
Les compagnies aériennes comptent sur la lassitude et la méconnaissance des passagers pour économiser des millions d’euros chaque année.
En vous armant de ces connaissances et en suivant les étapes décrites dans ce guide, vous reprenez le contrôle de vos droits. N’oubliez jamais : chaque réclamation légitime compte, non seulement pour votre portefeuille, mais aussi pour inciter les compagnies à améliorer leurs services.
Vous avez un doute sur l’éligibilité d’un vol spécifique ou besoin d’aide pour monter votre dossier ? N’hésitez pas à consulter nos outils de vérification ou à nous contacter pour un accompagnement personnalisé.



